Kaïn à l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu : quand la nostalgie se transmet d’une génération à l’autre

Il y a des spectacles que l’on va voir pour découvrir un artiste. Et puis, il y en a d’autres qui nous ramènent directement dans nos souvenirs. Le spectacle de Kaïn à l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu dimanche dernier était définitivement de cette deuxième catégorie.

Devant des milliers de personnes réunies sur le site du festival, les premières notes de « Mexico » ont donné le coup d’envoi à une soirée remplie de nostalgie, de souvenirs et de chansons que plusieurs connaissent par cœur.

Près de trois décennies d’histoire

Kaïn a vu le jour à Drummondville en 1999. À l’origine du groupe, on retrouve notamment Steve Veilleux, qui demeure encore aujourd’hui le chanteur et le leader de la formation, ainsi qu’Éric Maheu, toujours présent à ses côtés après toutes ces années.

 

 

Au fil du temps, la formation a évolué. John-Anthony Gagnon-Robinette s’est joint au groupe en 2017 et fait maintenant partie intégrante de cette histoire qui s’étend sur près de trois décennies.

Les petites salles des débuts ont laissé place aux grandes scènes et aux festivals, mais l’identité de Kaïn demeure reconnaissable dès les premières notes. Ils sont toujours resté authentique,  des gars simple, intègre et accessible qui malgré le succès ne se sont jamais enflée la tête.

Un voyage à travers les souvenirs

La sélection des chansons présentées durant la soirée contribuait énormément à cette impression de voyage dans le temps.

Après « Mexico », le groupe a enchaîné avec « La maison est grande », « Parle-moi d’t oi », « Comme dans l’temps », « L’amour du jour », « L’homme grenouille » et « Ailleurs ou ici ».

À mesure que les chansons défilaient, les souvenirs semblaient refaire surface chez plusieurs spectateurs. Des chansons associées à une époque, à des amis, à des soirées ou simplement à une période de leur vie.

Et dans cette immense foule réunie devant la scène, il y avait aussi quelque chose de particulièrement intéressant à observer : plusieurs parents étaient venus avec leurs enfants ou leurs adolescents.

Quand les parents transmettent leurs chansons

Pour une génération qui a grandi avec Kaïn, voir ses enfants connaître à leur tour les chansons du groupe représente une belle façon de transmettre une partie de sa culture musicale.

Certains parents étaient donc là avec leurs enfants, partageant avec eux des chansons qu’ils écoutaient eux-mêmes lorsqu’ils étaient plus jeunes.

C’est probablement l’un des beaux constats de cette soirée : la musique de Kaïn ne s’est pas arrêtée à une génération.

Des parents ont transmis leur passion du groupe à leurs enfants et leur ont fait découvrir, le temps d’une soirée, autre chose que les artistes américains anglophones qui occupent une grande place dans les habitudes musicales actuelles.

Et lorsque les jeunes reprennent à leur tour certaines des chansons qu’ils ont entendu leurs parents écouter pendant des années, la nostalgie prend une tout autre dimension.

La suite du spectacle a poursuivi cette plongée dans l’univers de Kaïn avec « Yé midi kek part », « La nuit gronde », « 3 h 30 » et « Laisse les bons temps rouler ».

Puis « Adam et Ève », « La bonne franquette » et « Envoyé à maison » ont continué à faire monter l’énergie sur le site du festival.

Et pour terminer la soirée, « Embarque ma belle » était probablement l’une des chansons les plus rassembleuses que le groupe pouvait choisir.

Cette fois, ce n’était évidemment plus une petite salle comme à l’époque où j’avais découvert Kaïn. C’était une grande foule réunie en plein air, dans le cadre de l’International de montgolfières.

Pourtant, malgré cette différence d’échelle, quelque chose demeurait familier.

Une nostalgie partagée

Ce qui m’a particulièrement marqué durant cette soirée, c’est que la nostalgie ne semblait pas appartenir uniquement au public.

Sur scène aussi, on sentait le poids des années et tout le chemin parcouru. Pour Steve Veilleux et Éric Maheu, ce sont des décennies de spectacles, de rencontres, de succès et de souvenirs. Pour John-Anthony Gagnon-Robinette, arrivé plus tard dans l’aventure, Kaïn représente maintenant près d’une décennie de son propre parcours avec le groupe.

Pour ma part, revoir Kaïn dans le cadre de cette tournée d’adieu avait une résonance toute particulière. Il s’agissait déjà de ma deuxième occasion de les photographier durant cette dernière tournée, mais mes souvenirs avec le groupe remontent beaucoup plus loin.

J’ai eu la chance de photographier Kaïn dès leurs débuts, dans les années 2000, alors que le groupe se produisait encore dans des salles beaucoup plus petites. Je me souviens notamment de les avoir photographiés au Lion d’Or et au Spectrum de Montréal, cette salle mythique de la rue Sainte-Catherine qui a marqué la scène musicale montréalaise avant de fermer ses portes en 2007.

À l’époque, Kaïn était encore loin des grandes scènes de festivals et des foules de plusieurs milliers de personnes. Les voir aujourd’hui sur la scène de l’International de montgolfières, devant une immense foule, permet de mesurer de façon très concrète tout le chemin parcouru depuis ces premières années.

Il y avait donc quelque chose d’assez particulier pour moi à être derrière mon appareil photo cette fois-ci. Je ne photographiais pas seulement un groupe que je connais depuis longtemps : je photographiais aussi, en quelque sorte, une partie de mon propre parcours de photographe.

Et avec cette tournée d’adieu, le sentiment était encore plus présent. Après toutes ces années, revoir Steve Veilleux et Éric Maheu, qui étaient déjà là à mes débuts avec le groupe, entourés aujourd’hui d’une nouvelle génération de spectateurs et de musiciens, donnait à cette soirée une dimension profondément nostalgique.

Une histoire qui continue… jusqu’au dernier refrain

Avec cette vingtaine de chansons, Kaïn a offert bien plus qu’une succession de grands succès. Le groupe a fait revivre plusieurs périodes de son histoire et, surtout, plusieurs périodes de la vie de son public.

Pour certains, c’était un retour dans leurs souvenirs de jeunesse. Pour d’autres, c’était l’occasion de partager ces chansons avec leurs enfants. Et pour les plus jeunes, peut-être une première véritable rencontre avec un groupe québécois que leurs parents ont aimé avant eux.

Pour moi, cette soirée représentait aussi une soirée Comme dans l’temps.

Et le temps d’une soirée, Kaïn a réussi à faire chanter une génération… tout en permettant à la suivante de découvrir pourquoi leurs parents les aiment depuis si longtemps.

 

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